Le SRI, comment ça marche ?

Deux revêtements côte à côte au soleil, l'un clair, l'autre sombre dont la chaleur monte

Deux toitures blanches peuvent se comporter très différemment au soleil. La couleur ne dit presque rien : ce qui compte, c'est la quantité d'énergie renvoyée et la vitesse à laquelle la surface se débarrasse de celle qu'elle a gardée. Le SRI réunit ces deux propriétés dans un seul nombre, et c'est le seul chiffre qui permette de comparer honnêtement deux produits.

Deux propriétés, pas une

Une surface exposée au soleil joue sur deux tableaux.

La réflexion solaire est la part du rayonnement qu'elle renvoie immédiatement, avant qu'il ne se transforme en chaleur. Elle s'exprime de 0 à 1, ou en pourcentage. Un enrobé neuf tourne autour de 5 %, une membrane bitumineuse sombre autour de 10 %, un revêtement réfléchissant de toiture dépasse 80 %.

L'émissivité thermique est la capacité de la surface à réémettre sous forme d'infrarouges la chaleur qu'elle a malgré tout absorbée. Une émissivité élevée signifie que la surface se refroidit vite dès que le soleil baisse. C'est la propriété qu'on oublie systématiquement, et c'est elle qui explique qu'un métal nu très brillant, pourtant bon réflecteur, reste brûlant : il renvoie bien le soleil mais évacue très mal ce qu'il a pris.

Il faut donc les deux. Une surface qui réfléchit beaucoup et émet beaucoup est une surface qui reste fraîche.

Ce que fait le SRI

Le Solar Reflectance Index, défini par la norme ASTM E1980-11, combine ces deux mesures en un indice unique, calé sur deux références :

  • une surface noire standard vaut 0 ;
  • une surface blanche standard vaut 100.

L'échelle n'est pas bornée à 100. Un revêtement plus performant que le blanc de référence, c'est-à-dire qui réfléchit davantage ou qui réémet mieux, dépasse mécaniquement 100. C'est ce qui explique les valeurs à 105, 110 ou 112 que l'on croise chez les fabricants : ce ne sont ni des pourcentages ni un argument marketing, c'est la façon dont l'échelle est construite.

Comment on le mesure

Le SRI ne se déclare pas, il se calcule à partir de deux mesures faites en laboratoire sur un échantillon appliqué dans les conditions réelles d'emploi : spectrophotomètre pour la réflexion solaire, émissomètre pour l'émissivité. Le calcul intègre ensuite une hypothèse de vent, ce qui explique qu'un même produit puisse être publié avec deux SRI légèrement différents selon la convention retenue.

Pour TALME THERM SHIELD, les mesures ont été réalisées au CSTB de Grenoble : 85 % de réflexion solaire et 91 % d'émissivité, ce qui donne un SRI de 110 selon ASTM E1980-11.

Lire un SRI annoncé, sans se faire avoir

Trois questions suffisent à séparer un chiffre solide d'un chiffre décoratif.

  • Quelle norme ? Si ASTM E1980 n'est pas citée, la valeur n'est comparable à rien.
  • Quel laboratoire ? Une mesure interne n'a pas le même poids qu'un rapport d'organisme tiers.
  • Neuf ou vieilli ? C'est le point décisif. Une toiture s'encrasse, et une surface encrassée réfléchit moins. Certains fabricants publient un SRI après vieillissement accéléré, d'autres uniquement à l'état neuf. Les deux chiffres sont légitimes, mais ils ne se comparent pas entre eux.

Ce que le SRI ne dit pas

Le SRI qualifie une surface, pas un bâtiment. Il ne dit rien de l'isolation de la toiture, de son inertie, de la ventilation des combles ni des apports internes. Un excellent SRI sur un bâtiment sans isolation améliore beaucoup le confort d'été ; le même SRI sur un bâtiment déjà bien traité apporte un gain plus modeste. Le chiffre décrit un potentiel, le bâtiment décide de ce qu'il en fait.

Il ne dit rien non plus de l'hiver, où l'on attend l'inverse d'une surface. Ce point mérite son propre développement : la peinture thermique fonctionne-t-elle en hiver ?

Questions fréquentes

Un SRI supérieur à 100, c'est possible ?

Oui, et c'est même attendu d'un produit performant. 100 est le blanc standard de référence de la norme, pas un maximum.

Le SRI baisse-t-il avec le temps ?

La réflexion solaire baisse avec l'encrassement, donc le SRI réel d'une toiture en service est inférieur à celui du produit neuf. Un nettoyage rétablit une partie de l'écart.

Un SRI élevé suffit-il à choisir un produit ?

Non. Il faut aussi l'adhérence sur votre support, la tenue à l'eau stagnante et la résistance aux ultraviolets. Un SRI record sur un produit qui pèle en deux ans ne vaut rien.

Les valeurs mesurées de TALME THERM SHIELD

Les principes ci-dessus valent pour toutes les surfaces. Voici ce que donne le produit, mesuré sous accréditation COFRAC plutôt qu'annoncé.

  • Réflexion solaire : 85 %, rapport CSTB DBV-23-18443/A.
  • Émissivité thermique : 91 %, rapport CSTB EMI-20-26084845.
  • SRI de 111, calculé selon ASTM E1980-11 à partir de ces deux valeurs.
  • SRI de 105 après vieillissement accéléré équivalent à vingt ans, selon ISO 16474-3.

Pourquoi un indice peut dépasser 100

Ce n'est pas une faute de frappe. L'échelle du SRI est ancrée sur deux références : le noir standard vaut 0, le blanc standard vaut 100. Une surface qui se comporte mieux que ce blanc de référence dépasse donc la centaine, sans anomalie.

Le piège de la tôle brillante

Une tôle d'aluminium renvoie davantage de rayonnement qu'une peinture blanche, et pourtant elle chauffe plus. La raison tient à la seconde propriété : le métal poli ne sait pas réémettre vers le ciel la chaleur qu'il a malgré tout absorbée. Sa réflexion est excellente, son émissivité est mauvaise.

C'est exactement pour ce cas que le SRI existe : il tient compte des deux à la fois, là où la réflexion seule donnerait un classement trompeur.

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